À propos de

Après des années d’errance photographique, Bernard Scaramela commet sa première sculpture en 1996.
Peu de moyens à l’époque mais une farouche envie de « faire » et de donner corps à son besoin vital de création.
Première expo en 1998
Premier prix en 2000
Première acquisition publique 2010
Et puis, au long de son parcours, les acquisitions privées passent les frontières, Belgique, Suisse, Espagne, UAE …

Son travail de sculpture s’inscrit dans un espace de liberté où le trait et la forme fondent sa recherche. Si dans sa pratique artistique, la matière et le geste font référence au sensible, à l’affectif et finalement à l’intime – ce qu’il revendique – sa recherche reste avant tout esthétique.

C’est à postériori que le sens du travail apparait. En amont pas de fil directeur défini, pas de projet ou de programme précis préétabli. Pas d’avantage la volonté de s’inscrire dans une démarche artistique particulière à la mode ou à la remorque d’un art plus conceptuel. C’est après coup que le travail se révèle et que le pourquoi de ce qui est fait à ce moment précis de la vie trouve tout son sens.

Son travail est l’expression d’une passion, une mise en scène de la perception subjective du réel. Ni message à livrer ni vérité à révéler : le spectateur reste l’interprète. Tout au plus son travail peut amener au questionnement. Et si parfois il suscite chez l’autre du plaisir ou de l’interrogation … alors le regard aura permis l’échange.

« Mon mode de vie n’est pas de vivre à la mode »

Sa série « Racines » trouve son origine sensible dans son enfance Haïtienne, à un moment où l’âge amène à se retourner sur son passé et caresser sa mémoire. Une mémoire sans doute embellie, travestie, arrangée. Une mémoire parfois brouillée et réinventée. C’est son attachement réel pour cette région des Antilles et pour ces gens, qui nourrit son travail et sa création. Dans une sorte de schizophrénie, avec la moitié  du cerveau dans ses Pyrénées d’adoption, l’autre moitié sous les caraïbes belles et rebelles.

« J’aime ces gens. Mêler ces bois à mes aciers me permet de les retrouver »

Ces racines mortes de bois de Campêche, endémiques des Antilles, ne sont pas là par hasard. Elles sont tout d’abord cette partie de l’arbre ancrée dans le sol. Ce bois est dur, rugueux, doux au toucher lorsqu’il est poli, précieux et de couleur chaude. Si travailler le campêche demande du temps, il donne aussi du temps à la rêverie, à l’évasion, et sans doute aussi à la fuite.

Ces bois travaillés, aux courbes parfois polies, racontent dans une catharsis esthétique des souvenirs embellis et magnifiés. Mais ces courbes peuvent aussi rester brutes et conserver intact les souvenirs les plus profonds, les plus ancrés et les plus archaïques. La démarche ici n’est pas de chercher à faire revivre une racine morte, comme d’autres travaillent sur des objets de récupération pour leur donner une seconde vie. Mais il s’agit d’avantage de fouiller ses racines, de se promener dans sa mémoire, la caresser, au risque de prendre des chemins sans issue. Un mélange de présent et de passé.